Retour sur le Conseil municipal du 8 décembre 2017

Pour ce dernier Conseil municipal de l’année, les élus de l’opposition municipale (groupes socialiste, communiste et Toulouse Vert Demain) ont choisi de parler d’une seule voix sur les délibérations les plus importantes.

Le double discours du maire de Toulouse

En propos liminaires, les trois présidents de groupe, Pierre Cohen, Pierre Lacaze et Antoine Maurice, ont rappelé le double discours du maire de Toulouse, qui approuve à Paris la politique du gouvernement qu’il conteste à Toulouse. Pierre Cohen a rappelé à quel point le maire de Toulouse est conciliant avec le Président de la République, qui prévoit pourtant de réduire de 13 milliards d’euros le budget des collectivités territoriales. « La contractualisation entre l’Etat et les collectivités territoriales vantée par le maire est la pilule pour faire passer une future mise sous tutelle des collectivités par l’Etat. », a-t-il affirmé.

Double discours aussi en matière d’urbanisme : le maire de Toulouse parle de densité modérée, mais s’inscrit dans une logique d’opportunisme en satisfaisant d’avantage l’appétit de certains opérateurs privés que l’intérêt des Toulousains.

Double discours encore en matière de mobilité : il annonce un grand Plan mobilités, mais continue à favoriser la congestion automobile en ne proposant pas de solutions de transports en commun performante pour les 10 prochaines années. « Pire, vous remettez sur le tapis une seconde rocade dont tout le monde sait qu’elle est irréaliste. » a remarqué Pierre Cohen. « Toulouse ne se situe pas sur les grands axes de circulation nationale. Le trafic est essentiellement local. Cette seconde rocade ne résoudrait donc pas les problèmes d’engorgement du périphérique. D’ailleurs, le Grenelle de l’environnement l’avait rejeté dès 2008. »  

Politique de la Ville : l’opposition reste sur sa faim

Claude Touchefeu, au nom de l’opposition municipale, s’est déclarée déçue par le premier rapport annuel de la Politique de la Ville. Un rapport qui manque d’indicateurs pour mesurer les effets de cette politique en matière de logements sociaux, d’emploi dans les quartiers, de participation des habitants, notamment par le biais des conseils citoyens, de sécurité  « Rien ne permet non plus de mesurer les impacts de la fin de la gratuité de la cantine pour les plus démunis et des transports pour les demandeurs d’emploi, de l’augmentation du prix des CLAE, de la diminution des emplois aidés… Autant de mesures qui ont pourtant des conséquences parfois dramatiques pour les populations concernées », a-t-elle déploré.

Subventions aux associations : le compte n’y est pas

Antoine Maurice a rappelé la raison pour laquelle l’opposition municipale s’abstient dans toutes les délibérations portant sur les subventions aux associations. La municipalité a effet décidé de baisser de 25% le montant de ces subventions sur la durée du mandat, « une baisse d’autant plus injustifiée cette année que les dotations de l’Etat ne baissent pas. Pourtant, vous continuez à écrire aux associations pour leur expliquer que ces baisses sont dues aux contraintes financières décidées par le gouvernement. Vous tenez, une fois de plus, un double langage », a t-il observé.
Un constat partagé par François Briançon qui a insisté sur la situation difficile vécue par certaines associations. « Vous semblez ignorer la situation désastreuse dans laquelle se retrouvent certains associations. Qu’elles œuvrent dans le domaine social, culturel ou sportif, toutes ont des missions de médiation sociale. En les fragilisant, c’est le vivre-ensemble que vous menacez »

Les services publics mis à mal

Monique Durrieu s’est, toujours au nom de l’opposition, inquiétée du personnel municipal, confronté à une austérité sans précédent. Elle a notamment remarqué que « le non remplacement des départs à la retraite s’accélère. Or, diminuer le nombre de fonctionnaires, c’est baisser la qualité du service public. Et ce sont une fois de plus les plus démunis qui en pâtissent. »

Egalité femmes/hommes : de bonnes intentions, mais pas d’engagement

Concernant le personnel municipal, Michèle Bleuse s’est intéressée pour sa part au rapport sur la situation de la Ville de Toulouse en matière d’égalité femmes hommes. Elle a notamment regretté que ce rapport annonce des intentions pour réduire les inégalités salariales chez les employés municipaux, dont on ne retrouve, hélas, aucune trace dans le budget.

Un budget qui ne prépare pas Toulouse aux temps qui viennent

Romain Cujives a rappelé qu’un budget n’est pas seulement un exercice comptable, mais un acte politique qui impacte la vie quotidienne des Toulousains. « Quand on parle budget, on ne parle pas seulement courbe, de tendance ou d’effet ciseau, on parle de la vie des gens. Vous semblez un peu l’oublier ». Il a rappelé que la hausse des impôts n’était pas justifiée. « Non seulement ce budget continue de ponctionner le pouvoir d’achat des Toulousains, mais il ne prépare pas notre ville aux grands enjeux futurs, par exemple en matière de développement durable. »
Gisèle Verniol en a profité pour rappeler à quel point les tarifs municipaux avaient augmenté ces dernières années, particulièrement pour l’éducation. « La hausse du prix des cantines et des CLAE a mis bien des familles dans des situations très difficiles. » a-t-elle souligné.

Urbanisme : quand l’opportunisme tient lieu de projet

L’un des points importants de ce Conseil municipal concernait l’avis de la Ville de Toulouse sur le plan local d’urbanisme intercommunal et de l’habitat. Régis Godec, toujours au nom de l’opposition municipale, a reproché au maire de Toulouse de se situer dans une logique d’opportunisme liée aux intérêts de certains opérateurs privés, au lieu de s’appuyer sur une logique urbanistique d’ensemble dans un temps long. « Notre crainte est également que le PLUiH  conduise à une ville plus chère et pousse les classes moyennes hors de Toulouse. » Il a par ailleurs noté que ce PLUiH est en contradiction avec le Plan mobilités 2030, pourtant également élaboré par la majorité. « Le long du corridor de la future 3ème  ligne de métro, le Plan mobilités prévoit 150 000 habitants supplémentaires. On n’en voit nulle trace dans le PLUiH. »

Un manque d’ambition culturelle

Isabelle Hardy a pointé le manque d’ambition culturelle de la Ville. « Nous aurions aimé partager votre ambition culturelle, si elle avait été réelle. Mais à l’exception de la candidature UNESCO, dont on ne sait si elle aboutira, force est de constater que tous les autres projets avaient été initiés et portés par notre équipe. » Elle a regretté, une fois de plus, la baisse des subventions aux associations culturelles, l’abandon de la cité de la danse et de la maison de l’image ou encore la vente de l’espace culturel Croix Baragnon. « La culture a besoin d’un nouveau souffle et d’une nouvelle ambition ! » a-t-elle déclaré.

Crèche : le plus grand flou sur le nombre de berceaux créés

Pierre Lacaze a pointé le flou qui règne autour des places en crèche. Au niveau des critères d’admission tout d’abord, qu’il souhaiterait moins centralisés. Au niveau du nombre de places annoncées ensuite, puisque la municipalité garde le plus grand silence sur le nombre de berceaux créés par rapport à ceux qui sont supprimés. « Il s’agit là de l’abandon d’une priorité affichée de la Ville », a-t-il déploré au nom de l’opposition.

Antennes relais : plus de transparence !

La neuvième et dernière intervention commune à l’opposition municipale revenait à Jean-Marc Barès-Crescence au sujet de la charte relative aux modalités d’implantation des antennes relais dans la Métropole. Une charte en retrait par rapport aux pratiques mises en place par la précédente municipalité. « Nous réaffirmons l’utilité de la démarche de concertation que nous avions engagée entre les opérateurs, les associations, les populations concernées et la municipalité. Un effort de transparence serait le bienvenu dans cette nouvelle charte ! »

Personnes âgées : poursuivre la démarche engagée

Cécile Ramos a eu à cœur de rappeler que le portage des repas au domicile des personnes âgées dans le centre-ville, associé à une démarche de prévention de la fragilité proposé dans une délibération, était une bonne chose et s’inscrivait dans la poursuite de l’action initiée lors du précédent mandat à Empalot, Saint-Michel et Saint-Agne.

Police de proximité et emplois aidés à l’heure des vœux

Ce (très long) Conseil municipal s’est poursuivi, à l’heure de la séance des vœux, par un très large débat sur la police de proximité, aujourd’hui rebaptisée police de sécurité du quotidien. Pierre Cohen a rappelé combien il était nécessaire de redonner une nouvelle image de la police dans les quartiers, ce qui avait été fait par le gouvernement Jospin et défait par l’alors ministre de l’intérieur Sarkozy. « Si la police est en rupture avec la jeunesse, c’est parce que son action est uniquement dans la répression. Il ne faut pas négliger la médiation. »

Enfin, le groupe socialiste a déposé un vœu, voté par l’ensemble du Conseil municipal à l’exception des quatre élus du MODEM, contre la diminution des emplois aidés. Cette décision du gouvernement, prise sans concertation ni délai, risque de réduire encore un peu plus les marges de manœuvre des collectivités locales et fait peser une forte menace sur le secteur associatif, déjà fragilisé par la baisse des subventions. « Il est donc urgent d’imaginer un nouveau système » a déclaré Isabelle Hardy. « Il en va de la survie de nombreuses associations, de l’activité de dizaines de milliers de travailleurs et de la pérennité de nos services publics de proximité. »