Gestion de l’eau : imposer un vrai débat citoyen

En 2020, la plupart des contrats liant les communes de la Métropole à des entreprises privées pour la gestion de l’eau et de l’assainissement arriveront à échéance. C’est le cas notamment à Toulouse, liée par un contrat à Véolia depuis 1990.

En 2008, Pierre Cohen, alors maire de Toulouse, avait lancé un audit, qui lui avait permis de négocier avec Véolia une baisse de 25% du prix de l’eau pour les Toulousains. En revanche, il n’avait pas pu dénoncer le contrat : les pénalités dues au concessionnaire auraient coûté trop cher aux contribuables.

L’eau, un bien commun

Aujourd’hui se pose donc la question du mode de gestion de l’eau et de l’assainissement sur le territoire de la Métropole pour les 12 prochaines années. Cette question est loin d’être anodine. L’eau est en effet un bien commun. Elle ne doit pas être considérée comme une marchandise vendue au plus offrant. Nous estimons donc qu’elle doit être gérée par la puissance publique, afin de garantir l’intérêt général.
Les arguments en faveur d’une gestion publique de l’eau en régie, plutôt qu’une délégation de service public à une entreprise privée, sont nombreux.

Plus de transparence

A l’heure de la raréfaction de l’accès à l’eau en raison du changement climatique, à l’heure où se posent des problèmes de pollution, notamment par les pesticides, il est essentiel d’assurer un contrôle démocratique et citoyen de la distribution et de la qualité de l’eau.
En premier lieu donc, la régie publique assure plus de transparence dans le suivi de l’approvisionnement et de la qualité de l’eau.
Assurer une gestion publique, c’est donner aux citoyens leur place dans les décisions. La délégation à une entreprise privée dessaisit les élus, et donc les habitants, de leurs responsabilités. Le remplacement des canalisations, la recherche de fuites, l’assainissement, les investissements nécessaires pour conserver un réseau en bon état, ne doivent pas être soumis à des logiques de rentabilité.

Une eau moins chère en régie

En second lieu, une régie publique permet, en général, de faire baisser le prix de l’eau et de l’assainissement, puisque, par définition, elle ne recherche pas de profit. En économisant la rémunération des opérateurs privés, ainsi que toutes les taxes et impôts auxquels ils sont soumis, la régie publique permet en moyenne de faire baisser de 20% le prix de l’eau et de 16% celui de l’assainissement (source : agence Adour Garonne).
Une régie publique facilite également la mise en œuvre d’une tarification solidaire.

Le choix d’une gestion publique ou privée de l’eau est donc un choix politique fondamental, qui ne peut faire l’impasse d’un débat démocratique. C’est pourtant ce que tente de faire le président de Toulouse Métropole, qui voudrait réduire le débat à une simple question technique.
Même si la Métropole a annoncé vouloir réaliser un comparatif entre deux modes de gestion – régie publique ou délégation de service public – avant d’arrêter son choix fin 2018, tout semble indiquer que ce choix est déjà fait.
En témoigne notamment le peu d’empressement du président de la Métropole à engager les moyens juridiques, humains et financiers nécessaires à une véritable étude sur la perspective d’une régie. En témoignent aussi la tentative de passer sous silence ce dossier, y compris auprès des élus, et l’absence de concertation avec la population, pourtant directement concernée.

Mobilisons-nous !

C’est pourquoi nous nous associons à l’action du collectif « Eau publique Toulouse Métropole » qui réclame un véritable débat public sur l’eau. Une pétition a été lancée en faveur d’une régie publique. Et retenez d’ores et déjà la date du 10 mars 2018 : le collectif organise ce jour là les Etats-généraux de l’eau. Pour signer la pétition, participer aux états-généraux ou vous investir dans ce combat, consultez le site : http://eausecours31.fr/le-collectif/
Les élus du groupe socialiste se tiennent également à votre disposition.