La droite doit revoir sa politique de lutte contre la précarité !

Romain Cujives s’est exprimé sur la politique en matière de lutte contre la précarité et la nécessité de changement dans les méthodes pratiquées par la droite toulousaine : pourquoi ne pas créer des logements passerelles, réquisitionner des logements et encadrer les loyers ?

« Toulouse est une grande ville française, une grande ville du pays des droits de l’Homme, et à ce titre la ville doit assumer ses responsabilités lorsque ceux dont les droits fondamentaux sont bafoués viennent se construire un avenir loin de toute persécution.

Je suis heureux que la Mairie de Toulouse procède à une contractualisation avec la Délégation Interministérielle à l’Accueil et à l’intégration des Réfugiés (DIAIR). Je pense sincèrement que l’annonce de cette contractualisation est une bonne nouvelle pour la ville et pour les hommes, les femmes et les enfants victimes de persécutions ou d’atteintes à leurs droits fondamentaux dans leur pays d’origine.

J’ai toutefois une crainte, la crainte que cette responsabilité supplémentaire confiée à notre ville soit en réalité d’avantage un moyen pour l’État de se déresponsabiliser de ce qui pourtant est fondamental, pour le confier aux collectivités territoriales, dont notre ville, qui fait d’ores et déjà face à des situations d’une grande complexité, à des risques sanitaires importants, sans pouvoir compter sur un engagement et une réactivité des services de l’Etat qui est pourtant dans son domaine de compétence.

La délibération précise que dans le cadre de ce contrat prochainement signé avec la DIAIR (délégation interministérielle à l’accueil et à l’intégration des réfugiés), seront travaillés plusieurs axes. La plupart de ces axes confirme le renforcement de la responsabilité de la ville dans l’intégration des bénéficiaires de la protection internationale. Cet engagement est essentiel mais ne saurait venir se substituer à celle de l’état.

Je me permets donc de vous demander donc Monsieur le Maire, d’engager un échange exigeant avec l’État quant aux réponses d’urgence, notoirement insuffisantes, qu’il déploie à Toulouse.

Parmi les axes qui seront travaillés, il y a celui du développement d’actions en cohérence avec celles menées par l’Etat, et les différents partenaires sur le territoire de la ville, dans les champs de l’hébergement et du logement, en lien avec le Logement d’Abord et le Plan Pauvreté, assorti d’accompagnements ciblés sur l’insertion sociale et professionnelle (projets en faveur des jeunes 18-25 ans, d’intégration citoyenne …). Je salue évidemment cette initiative, je la salue mais je m’interroge sur la nature du travail qui sera mené.

En effet Monsieur le Maire, cet axe de travail envisagé pose une question que nous vous soumettons depuis longtemps, celle de l’accompagnement des plus fragiles vers le logement.

Malheureusement la précarité n’épargne pas Toulouse, et la ville ne parvient pas aujourd’hui à loger les sans domicile fixe, les personnes hébergés, les victimes de violences conjugales, les personnes déjà placée sous protection internationale. Alors comment, Monsieur le Maire, comment allez-vous, sans modifier votre politique, sans écouter nos suggestions, comment allez-vous répondre à cette responsabilité accrue, fondamentale, sans finalement accroître la précarité de tous ceux que nous devons protéger ?

Je pose une question, et cette dernière reprend une proposition que tous ici sur les bancs de l’opposition nous vous formulons depuis longtemps déjà, pourquoi ne pas utiliser les centaines de logements et bureaux vides à Toulouse pour assumer nos responsabilités face aux Toulousains les plus précaires, face à ceux qui obtiennent notre protection ?

J’ai une autre question, une autre proposition, pourquoi ne pas renforcer les dispositifs de « logements passerelles », ces logements proposés par la mairie qui permettent aux populations en détresse et en attente d’une solution pérenne de poser rapidement leurs valises, de se reconstruire et d’envisager l’accès durable à un logement ?

Monsieur le Maire, vous avez il y a peu, ordonné l’évacuation du « bidonville » de l’île du Ramier, je sais votre motivation première, qui était celle d’une lutte contre la précarité et pour la dignité, mais sans changer radicalement de politique, vous risquez de voir se multiplier les camps de fortune plus vite que vous ne les évacuerez.

Nous voterons donc pour cette délibération en vous invitant donc à être tout à la fois exigeant et à réfléchir à une véritable inflexion de votre politique concernant le logement ».