Propos liminaire de François Briançon du 22 mars 2019

Retrouvez l’introduction du Conseil municipal réalisée par le Président du Groupe socialiste, François Briançon, qui a eu une pensée pour les victimes des attentats de mars 2012 et qui a rappelé l’importance de la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et contre toute les formes de discrimination. Ensuite, il a abordé la question du logement et de la difficulté à se loger à Toulouse :

« Je souhaite tout d’abord revenir sur les commémorations des attentats terroristes de mars 2012 que Montauban et Toulouse ont connus. Avant tout, et ce n’est pas l’essentiel de mon propos à ce sujet,  une remarque qui n’a rien de polémique et qui se veut constructive. De très nombreuses personnes ont été déçues de ne pouvoir  assister à la commémoration républicaine organisée square Charles de Gaulle car elles n’ont pu arriver à temps après la cérémonie qui s’est tenue à l’école Ozar Hatorah. Ces deux manifestations ont toutes les deux un sens profond et il me parait important que celles et ceux qui le souhaitent puissent y assister successivement et que pour cela elles puissent être organisées avec une véritable alternance calendaire.

Mais au-delà de cette remarque d’organisation, je souhaite m’arrêter quelques instants sur l’action que nous pouvons mener Ville de Toulouse, élus, contre le racisme et l’antisémitisme. Nous le constatons avec tristesse et même un certain effroi, ces actes racistes et antisémites et toutes les autres formes de discrimination restent d’une très forte actualité, chez nous, comme ailleurs. Je le sais, mes chers collègues, nous sommes toutes et tous mobilisés sur ces questions. Nous avons adopté, il y a quelques mois, un plan d’action et de prévention ambitieux. Il faut le mettre en place de manière forte et rapide et peut-être accorder à sa réalisation des moyens plus importants, voir même se donner des objectifs supplémentaires.

Je pense également qu’il nous faut réfléchir au sens que nous souhaitons donner à la journée du 19 mars. Du point de vue municipal, elle ne peut être l’occasion d’un simple rassemblement autour d’un dépôt de gerbe … il nous faut là aussi aller plus loin et créer les conditions pour en faire un moment populaire, où nous pouvons , dans leur diversité, rassembler les toulousains de tout âge et en premier lieu les plus jeunes. Ces propositions nous sommes biensûr, mes chers collègues, prêts à les travailler avec vous, au sein du conseil de la laïcité ou de tout autre instance.

Enfin je souhaite proposer au conseil municipal que nous donnions le nom d’Ilan Halimi à un lieu symbolique de notre ville, pas une rue, mais un jardin comme cela a été fait à Paris, ou une place… c’est-à-dire un lieu qui symbolise la vie et le partage.

Je voudrais également prendre quelques instants pour parler moi aussi d’urbanisme. Je ne reviendrais pas sur ce qui a été dit précédemment, j’en partage l’essentiel. Je voudrais donc plus particulièrement vous parler de logement. Au fond ce débat, pour moi, est simple : il s’agit de répondre à deux questions : Quelle ville voulons -nous ? Quelles catégories de Toulousain.e.s vont-elles pouvoir y vivre ? Et à cette question nous avons déjà une réponse : vous êtes en train de proposer une ville dont les classes moyennes c’est-à-dire les salariés, les employés, les retraités seront exclus.

J’emploie le futur et je pourrais très bien conjuguer cette phrase au présent : mes chers collègues, face à la gentrification vous avez renoncé, vous avez choisi de laisser faire le marché, les Toulousain.e.s, à commencer par les familles, sont chassés de leur ville car la production de logement est avant tout une opportunité pour l’investissement spéculatif plutôt qu’une réponse aux besoins réels des habitants.

Bientôt dans Toulouse il n’y aura plus que trois catégories de population : les étudiants logés malgré tout dans de mauvaises conditions, les toulousains les plus paupérisé.e.s qui auront accès au logement social et ceux qui pourront alignés plusieurs centaines de milliers d’euros en s’endettant pour la plus grande partie de leur vie.

Et pour les autres se sera – et c’est déjà – la double peine : l’éloignement et quand ils voudront revenir dans la ville centre : les bouchons.

La ville inaccessible est en train de se mettre en place. Et  cette ville inaccessible ce n’est pas la ville pour tous, c’est la ville pour quelques uns.

Alors, on pourrait vous soupçonner d’être complice des intérêts financiers des lobbys immobiliers. Je ne le crois pas. Je pense que c’est pire que ça. Vous ne contrôler plus rien. Vous êtes dépassé par la dynamique économique et démographique de notre Métropole et votre seul réflexe c’est le laisser faire.Du coup, on a des opérations immobilières dans tous les sens, mal intégrées à une rue, à un quartier, éloignées des transports, des commerces ou des services. 

Vous l’aurez compris, je considère que la question du logement est désormais une des questions essentielles, pour ne pas dire la question essentielle qui se pose aux Toulousain.e.s. Je pourrais également évoquer la question du logement pour les séniors, pour les catégories sociales les plus fragiles, la question du logement insalubre qui n’est malheureusement pas seulement une situation marseillaise, nous l’avons vu avec le dramatique incendie de Matabiau.

Enfin nous pouvons nous arrêter sur la situation des Izards qui connaît des actes de violence avec deux blessés et qui demande à ce que l’on s’occupe des quartiers. »