Propos liminaire de François Briançon du Conseil municipal du 8 février 2019

En introduction de ce Conseil Municipal extraordinaire, François Briançon a regretté ne pas voir une troisième délibération à l’ordre du jour qui aurait pu apporter une amélioration du pouvoir d’achat des Toulousains :

« Vous avez décidé de nous réunir en séance exceptionnelle autour de deux délibérations, la première sur un plan de soutien au commerce local, la seconde pour accorder la gratuité des salles pour le Grand Débat. Deux délibérations, à laquelle nous aurions souhaité, Monsieur le Maire, voir adjoindre une troisième : celle qui apporterait la contribution de la Ville de #Toulouse à la nécessaire amélioration du pouvoir d’achat des toulousains.

Cette délibération, nous l’avons compris, Monsieur le Maire, nous ne l’aurons pas. Pas plus que nous n’avons eu le débat que nous réclamions lors du dernier Conseil municipal que nous avons dû quitter pour manifester notre désaccord. Cette délibération nous ne l’aurons pas, parce que vous ne la voulez pas. Et vous ne la voulez pas parce que vous estimez que ce débat ne concerne pas votre action municipale. Vous avez tort. La crise que nous traversons est exceptionnelle. Elle appelle chacun d’entre nous à une nécessaire réflexion et, pour celles et ceux qui ont été en responsabilité, à une part d’introspection. La politique du gouvernement est injuste mais elle sert de révélateur à une crise plus ancienne, à des politiques publiques qui ont permis aux plus aisés de continuer à s’enrichir, qui enferme les plus pauvres dans la précarité et qui assomment les classes moyennes de charges, d’impôts, d’augmentations. Comme d’autres, vous avez votre part de responsabilité, pas plus mais pas moins. Alors, la seule question que vous devriez-vous posez c’est comment, à votre niveau, vous pourriez agir pour améliorer la situation ?

Le gouvernement d’Édouard Philippe a annoncé un plan de 10 milliards d’euros, réponse insuffisante de mon point de vue, mais, dans tous les cas plus concrète que le silence de votre municipalité. Trois mois de crise, de manifestations, et enfin, une réunion du Conseil municipal avec deux délibérations. Votre réponse ? Deux délibérations. La situation des toulousains ? Deux délibérations. La demande de solidarité et de pouvoir achat supplémentaire ? Deux délibérations. L’exigence d’une plus grande justice sociale ? Deux délibérations.

Pourtant nous avons les compétences, les moyens pour agir, mais voilà, deux délibérations. Vous devriez au contraire lancer, dans cette enceinte, le débat que vous nous avez refusé : quelles sont les politiques, les décisions que nous pourrions corriger ? Quelles sont les nouvelles solidarités que nous pourrions créer ? Mais ce débat, nous l’avons bien compris, nous ne l’aurons pas. Alors nous utilisons le seul moyen que nous laisse le règlement du conseil municipal : celle de déposer des vœux.

Monsieur le Maire, je veux essayer de vous convaincre. Je veux vous faire une proposition : réunissez dans les prochains jours les élus, les responsables associatifs, les acteurs sociaux de notre ville dans une grande conférence sociale, que nous préparerions ensemble, pour faire un état des lieux de la situation et des politiques municipales et imaginer des solutions, des propositions soyons collectivement responsables, j’oserai vous dire, soyez enfin à la hauteur de la gravité de la situation. Si vous ne le faites pas, je devrais, monsieur le maire, une nouvelle fois, noter, à regret, qu’à l’Élysée, comme au Capitole les pouvoirs en place ont fait le choix des premiers de cordée, ont décidé de privilégier « ceux qui vont bien » au détriment de ceux « qui vivent mal ». Monsieur le Maire, nous voterons le plan d’actions en faveur des commerçants toulousains. Il aurait pu être plus ambitieux, plus volontaire, cibler plus particulièrement les commerçants les plus en difficultés. Nous vous ferons, dans ce Conseil municipal, des propositions pour améliorer votre délibération.

A plusieurs reprises nous avons dénoncé les violences inadmissibles que notre ville a connu et connaît encore, entravant le libre accès aux commerces et leur activité. Les commerçants, les citoyens, mais aussi celles et ceux qui veulent manifester en toute tranquillité, sont aujourd’hui victimes de la radicalisation et des actes insupportables de ceux qui cassent, ceux qui brulent, ceux qui agressent la police nationale, municipale et les journalistes. Ces adeptes de la violence gratuite, qui s’en prennent lâchement aux personnes, aux biens, aux bâtiments publics et aux symboles de notre République. Ils doivent être dénoncés avec force mais nous ne les confondons pas avec celles ou ceux qui veulent manifester légitiment et pacifiquement qu’ils soient gilets jaunes, syndicalistes ou simples citoyens.

Mais il ne faut pas opposer les violences, il faut toutes les combattre. C’est pourquoi nous voulons également exercer notre vigilance citoyenne pour appeler, également, les forces de l’ordre à un comportement exemplaire et républicain. Enfin, nous n’oublions pas que pour beaucoup de nos concitoyens la violence est d’abord sociale et que c’est la première des priorités sur laquelle nous devons agir.