Un Projet éducatif territorial insuffisant

Élaboré pour une période de 3 années, le nouveau Projet éducatif territorial de Toulouse débutera en 2019. Après une succincte présentation du document par la majorité de droite, Romain Cujives a démontré que le document n’était pas à la hauteur des enjeux en mettant en exergue les diverses contradictions présentes dans sa rédaction.

La première insuffisance réside dans le choix d’une posture politicienne dans la rédaction du Projet par « l’omission » des actions réalisées par la Gauche en matière d’éducation durant la période 2008-2014. Pourtant, le Maire de Toulouse effectue régulièrement des retours sur les actions de Madame Gisèle Verniol. Omettre volontairement une partie de la construction de la politique d’éducation toulousaine et notamment de la « ville éducative » n’est pas une pratique louable, et constitue un manque d’élégance et de respect pour les actions passées et envers celles entreprises par les enseignantes, les élus, les parents d’élèves et les toulousains.

Des contradictions se remarquent également dans l’incohérence entre les discours et les actes, qui a continué au fil des années avec une baisse de 13% des dotations pour les classes scolaires, la suppression de la gratuité de la cantine scolaire, l’augmentation des tarifs des CLAE et des cantines, obligeant les familles les plus modestes à renoncer aux activités périscolaires et à des repas équilibrés pour leurs enfants.

De même, comment la droite peut-elle d’un côté dire qu’elle souhaite faciliter les conditions de travail des agents ou résorber les problèmes dans l’organisation des services de cantines, si en même temps elle favorise la dégradation de la qualité du service public, avec par exemple des études pour élèves trop chargées.

Ce nouveau PEDT pour la période de 2015 à 2018 ressemble à une plaquette de communication, à l’instar des centaines de milliers d’euros ont été dépensés dans une campagne de communication pour l’éducation. Pourtant, la communication ce n’est pas l’action : en lisant ce document, la déception est de mise puisque certains de ses éléments heurtent notre vision d’une ville éducatrice : « dans l’esprit, ce document est pavé de bonnes intentions plus que d’actions concrètes ». D’une part, on remarque qu’il s’agit davantage d’un projet d’école que d’un projet éducatif d’envergure et d’autre part, il manque la promotion de certains dispositifs, comme celui de la facilitation de la transition entre les modes d’accueil, qui devrait concerner toutes les classes.

Autre lacune de ce Projet, l’absence d’action prévue pour résorber le problème de l’illettrisme qui concerne pourtant entre 5 et 6% des élèves de 11 à 18 ans. C’est pourquoi il a demandé par le groupe socialiste de la ville de Toulouse à ce que soit créé un volet spécial dans le PEDT afin de résorber cette difficulté.

Finalement, c’est parce que ce document a peu été co-rédigé avec les équipes éducatives et les parents d’élèves qu’il reste quelque peu hors-sol. Les socialistes sont convaincus que des moyens humains et financiers supplémentaires devraient être alloués à l’éducation, surtout dans une période où on demande toujours plus aux toulousains financièrement.

Rappel : les PEDT sont des documents élaborés par les collectivités territoriales afin de proposer à chaque enfant un parcours éducatif cohérent et de qualité, avant, pendant et après l’école. Cette démarche de création est encadrée par l’article D. 512-12 du code de l’éducation afin d’organiser la complémentarité des temps éducatifs à travers une démarche partenariale entre l’ensemble des acteurs éducatifs locaux.

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