Jean-Luc Moudenc s’attaque aux services publics toulousains !

Lors du dernier Forum du cercle de réflexion de Toulouse plus, une ville en commun, Cécile Ramos est revenue sur la dégradation de la qualité des services publics et la perte de pouvoir d’achat des toulousaines et des toulousains, conséquences de la politique de Jean-Luc Moudenc.

Les impôts s’envolent
Contrairement à l’engagement pris par Jean-Luc Moudenc lors des élections municipales, les impôts locaux ont considérablement augmenté dès 2015 : +15%, un record à l’échelle nationale ! Et ils n’ont pas baissé depuis…
L’effort demandé aux Toulousains aurait pu se justifier s’il s’était traduit par une amélioration de leur quotidien, mais la même année on assiste à la baisse des investissements de la Ville de 17% par rapport à 2014, tandis que la mairie faisait des bas de laine avec une épargne municipale en augmentation de 38 millions d’€. Et la relance des investissements amorcée depuis reste timide au regard du coup de massue. Le coup est d’autant plus rude qu’il s’est accompagné d’une hausse quasi-générale des tarifs municipaux (23% de moyenne), d’une baisse importante des subventions au secteur associatif (-25% sur la durée du mandat), et d’une compression des effectifs municipaux qui nuit à la qualité des services publics.

Les services publics deviennent facultatifs
Et soudain le Maire de Toulouse inventa les « services publics facultatifs ». Il répondait alors à une interpellation de l’opposition municipale qui l’interrogeait sur la fermeture d’une piscine et la réduction des horaires de services publics municipaux. Droit dans ses bottes, il soutient depuis son arrivée au Capitole la distinction entre les équipements que la Ville a obligation de créer et ceux pour lesquels elle a liberté d’action. En résumé, seules les écoles seront préservées de cette politique de restrictions, car le Maire a obligation de scolariser les enfants de sa commune…

Les tarifs s’envolent
Plus de recettes mais moins de services. La progression des recettes liées aux tarifs municipaux est pourtant impressionnante. En une année, 10 millions d’€ sont passés des budgets familiaux au budget municipal. Fin de la gratuité dans la restauration scolaire, augmentation des tarifs des CLAE, des piscines, des patinoires, mise en place de tarifs spéciaux pour les « non-toulousains »… Des hausses qui pourraient se comprendre si elles renforçaient les services publics, mais qui sont insupportables quand dans le même temps de nombreux horaires d’ouvertures sont revus à la baisse.

Le patrimoine est bradé
On ne compte plus les biens publics bradés par la municipalité. Depuis 2014, entre autres : l’ancien cinéma Les Nouveautés, l’hôpital de La Grave, la piscine Pradié, et plus récemment l’espace culturel Croix-Baragnon. Rien ne semble arrêter l’équipe municipale dans cette grande braderie. Même les logements sociaux sont mis en vente. Encore une fois, pour être cohérente cette politique devrait être accompagnée d’un plan d’investissement ambitieux pour répondre aux besoins du quotidien des habitants de l’agglomération.

Le personnel municipal est attaqué de toutes parts
Depuis 2008, toutes et tous les agent.e.s bénéficient d’un avancement de grade à 100 %. C’est à dire que toutes celles et tous ceux qui remplissent les conditions prévues par le statut (hors faute grave ou sanction…) voient leur carrière évoluer de manière linéaire.
Depuis juillet, Jean-Luc Moudenc remet en cause le coût de la mise en œuvre du PPCR (Parcours Professionnels Carrières Rémunérations) qui fixe des taux d’avancement de grade, ce qui veut dire qu’il veut gèler les carrières. Il s’attaque notamment aux ATSEM et à la catégorie C. Seuls les cadres connaîtront demain un déroulement de carrière. C’est la même chose pour la formation où le nouveau Dispositif d’Accompagnement des Managers prend tout le budget de la formation à tel point que des formations obligatoires pour des agents de voirie ou des espaces verts sont gelées depuis une année.

Un effort support aux ¾ par les Toulousain-e-s
La majorité martèle que l’effort financier demandé aux Toulousains sera partagé : 3/4 pour la Ville de Toulouse et 1/4 pour les administrés. C’est faux, car l’augmentation de 15% des impôts locaux ainsi que les hausses des tarifs des services aux usagers sont appliquées depuis 2015, alors que les économies totales envisagées par la Ville seront au mieux effectives en 2020.
En réalité, l’effort est actuellement de 3/4 pour les contribuables et les usagers des services municipaux, et de 1/4 pour la Ville. Et ce fameux pacte que Jean-Luc Moudenc dit avoir passé avec les contribuables Toulousains (sans qu’ils aient voté pour cela) est un marché de dupes, car les économies faites par la municipalité sur ses dépenses de fonctionnement se solderont de fait par une baisse de la qualité du service public.

Que devrait-on faire ?
1. Un véritable plan Marshall des transports en commun et une réelle politique en faveur des modes doux : cyclistes et piétons, pour lutter contre le réchauffement climatique et la pollution, améliorer la santé et préserver l’attractivité économique. Toulouse a du retard et ne le réduit toujours pas. Demain, l’attractivité des villes portera sur la qualité de vie et donc la qualité des déplacements. Ce n’est pas le moment d’être à la traine.
2. Construire plus et mieux et rénover les logements : c’est bon pour la planète, les budgets des ménages et l’emploi. 25% des gens vivent sous le seuil de pauvreté à Toulouse, 23 000 logements vides, 29 000 demandes de logement social en attente. Notre priorité doit être de donner un toit à tout le monde. Il existe des lois et des financements, il manque la volonté politique.
3. Une politique sociale et solidaire : une ville attractive est une ville qui gère la cohésion sur son territoire de manière dynamique. Cependant, M. Moudenc est le maire des gens qui vont bien. C’est à la gauche d’être au service du plus grand nombre pour que le plus grand nombre ait accès au centre-ville, à la santé, à l’éducation, à la mobilité… à des services publics de qualité.