Plan local d’urbanisme intercommunal : le rendez-vous manqué

Pour la première fois, un Plan local d’urbanisme intercommunal et habitat (PLUiH) sera approuvé à l’échelle de la Métropole en 2019. Rendue obligatoire par la loi, l’adoption de ce plan est une bonne chose. Il est en effet cohérent que les mêmes règles d’urbanisme et de logement s’appliquent dans les 37 communes de notre métropole. Mais malheureusement, ce PLUiH ne répond pas pleinement aux grands enjeux auxquels notre métropole est confrontée, notamment ceux liés à l’augmentation de la démographie, à la problématique cruciale de la mobilité et à la question du prix des logements.

Ce PLUiH n’anticipe pas le « Plan mobilités 2030 »

Le Plan Mobilités 2030 tel qu’il a été voté par le maire de Toulouse prévoit la concentration des principales infrastructures de transport sur Toulouse, avec la 3ème ligne de métro. Il abandonne le maillage du territoire tel qu’il était prévu dans le Plan de déplacements urbains (PDU) que nous avions adopté en 2012, et notamment la desserte efficace des communes périphériques par des transports en site propre. Ces décisions ont des répercussions lourdes pour l’attractivité de ces territoires.
Chacun sait que la valeur foncière des terrains augmente à proximité des transports en commun. Il est donc indispensable de mettre en place des outils pour encadrer la spéculation immobilière et empêcher la dégradation de la mixité sociale le long de ces secteurs attractifs. On n’en trouve nulle trace dans le PLUiH.
Par ailleurs, le dossier d’étude de la 3ème ligne de métro mentionne la possibilité d’accueillir 150 000 habitants supplémentaires le long du corridor de cette ligne. Les expertises complémentaires menées lors du débat public précisent que la réalisation de ce projet nécessite que Toulouse accueille 40% des nouveaux habitants de l’aire urbaine contre 30% aujourd’hui.
Là encore, nulle trace dans le PLUiH

Ce PLUiH n’apporte pas de réponse probante à la crise du logement et à l’augmentation des prix de l’immobilier

Le maire de Toulouse parle de « densité modérée » sans que personne ne sache vraiment de quoi il retourne. Qui dit densité modérée dit logements plus rares et donc plus chers. Qui dit augmentation des prix de l’immobilier dans la ville-centre dit déplacement des populations moins fortunées en banlieue plus ou moins lointaine. Des populations qui n’auront d’autre possibilité de se déplacer que la voiture individuelle.
La mixité sociale à Toulouse risque de s’en trouver fortement compromise. Nous aurons d’un côté les populations les plus défavorisées habitant dans les 25% de logements sociaux rendus obligatoires par la loi, et de l’autre des populations aisées à très aisées, qui pourront se permettre d’acquérir des logements de plus en plus chers. Mais la classe moyenne risque de ne plus avoir les moyens de se loger à Toulouse.
Face à la croissance démographique importante que connaît notre métropole, le défi de la densité ne peut donc être éludé, pour éviter l’étalement urbain, favoriser les transports en commun, permettre l’accès aux équipements et aux services publics et, donc, permettre une meilleure mixité sociale. Cette question de la densité suppose que tous les projets, y compris les plus modestes, fasse l’objet de dialogue et de concertation pour être acceptés et compris par le plus grand nombre.

Enfin, ce PLUiH nous semble vouloir avant tout accompagner les appétits de certains opérateurs privés. En témoignent des opérations en cours sur les terrains de Freescale à St-Simon, de l’Hôpital Larrey à Pouvourville, du secteur Brouardel/place de l’Europe à Compans-Caffarelli, de Caterpillar à Montaudran, de SNCF Immobilier à Matabiau… Cette logique n’est pas forcément compatible avec l’intérêt général des habitants.