Vœux du maire de Toulouse : rien de neuf sous la pluie !

Les cérémonies des vœux du maire de Toulouse se suivent et se ressemblent : toujours autant d’autosatisfaction, toujours autant de récupération, toujours autant de mensonges, toujours autant de mauvaise fois. Petit florilège.

Jean-Luc Moudenc se glorifie que Toulouse devienne Cité européenne de la science en 2018. Il y a effectivement tout lieu de s’en réjouir. La vocation scientifique, technologique, d’innovation de Toulouse, représentée par ses 12 000 chercheurs et ses 100 000 étudiants, ses industries de pointe, sont enfin consacrées. A l’appui de sa démonstration, il cite Toulouse Aérospace, ce campus lancé par l’équipe de Pierre Cohen, qui a vocation à devenir le 1er centre européen de recherche et développement dans le domaine de l’aéronautique, de l’espace et des systèmes embarqués. Il oublie juste de dire qu’il n’y est pour rien.
Il cite le Quai des savoirs, espace dédié à la diffusion de la culture scientifique lancé par la précédente municipalité. Mais il oublie de dire qu’il n’a fait que l’inaugurer.
Il cite l’ouverture de la Piste des Géants, ce lieu qui abritera les fabuleuses machines de François Delarozière, qu’il qualifie « d’événement culturel extraordinaire », alors qu’il s’était fermement opposé à ce projet du temps où il était dans l’opposition, le qualifiant même de « monstruosité ».

Il passe ensuite aux grands projets : Parc des expositions, Toulouse Aerospace encore avec l’inauguration du bâtiment B612, rénovation du centre-ville, Toulouse Euro-sud-ouest, Grand parc Garonne, autant de projets qu’il fait siens alors qu’ils ont été initiés par son prédécesseur. En revanche, quand les projets qu’il a lancés ne fonctionnent pas aussi bien que prévu, il n’est en rien responsable, c’est de la faute aux autres.
L’exemple de la sécurité est éclairant. Le maire met en avant le doublement du nombre de policiers municipaux et les 350 caméras de vidéosurveillance. Mais au regard de ces moyens, force est de le constater, il n’y a aucune amélioration de la sécurité à Toulouse. Qu’à cela ne tienne, c’est de la faute de l’Etat qui ne joue pas son rôle. Quand Pierre Cohen parlait en son temps de coproduction de sécurité avec l’Etat, Jean-Luc Moudenc affirmait pourtant : « Nous sommes convaincus que la sécurité de Toulouse est une responsabilité municipale » (Objectif News – 13 janvier 2014)
Idem en matière de propreté. Si la ville est sale, c’est de la faute aux Toulousains. « La clé principale ne se trouve pas entre les mains de la collectivité, trop souvent et trop facilement accusée » s’est-il plaint lors des vœux aux personnalités.

Petite suggestion pour les vœux de l’année prochaine : il pourrait accuser les Toulousains de provoquer les embouteillages monstres que notre ville connaît tous les jours. Cela le dédouanerait – tout au moins à ses yeux – d’une politique pour le moins timorée en matière de mobilité et il est certain que les intéressés apprécieraient !