Bouchons : et si la solution passait aussi par le vélo ?

La moitié des déplacements des habitants de l’agglomération est inférieure à 3 km. Une distance que la plupart d’entre nous peut facilement parcourir à pied ou en vélo, d’autant plus que la ville est globalement peu pentue et les conditions météo plutôt clémentes. Or, les deux tiers de ces déplacements sont réalisés en voiture. 7% seulement des Toulousains pédalent pour aller au travail. C’est mieux qu’au niveau national, mais nettement moins bien que certaines capitales du nord comme Copenhague qui compte 36% de personnes allant travailler à vélo…
L’enjeu est bien sûr de réduire les bouchons qui engorgent chaque jour l’agglomération toulousaine, mais il est aussi environnemental et de santé publique. Le vélo émet 0g/km de CO2 contre 240g/km pour la voiture et les salariés cyclistes sont moins souvent malades (-15% d’arrêts maladie).

Pour faire changer les habitudes des automobilistes les plus irréductibles, il faut s’en donner les moyens : tracer des pistes cyclables et assurer une continuité entre elles, améliorer le stationnement, développer les services comme la location, proposer des ateliers de réparation, favoriser l’intermodalité avec d’autres modes de transports…
Ce projet a été initié par l’équipe de Pierre Cohen avec le Plan Vélo, qui, à partir de 2011, a porté une attention particulière au volet cyclable de la politique de transports. L’actuelle équipe municipale l’a poursuivi, sans toutefois lui donner l’ampleur qu’il mérite aujourd’hui.

Changer de braquet

Les questions de pollution et d’engorgement de notre métropole deviennent chaque jour plus problématiques et il faut en effet changer de braquet. C’est ce que demande la commission d’enquête sur le plan de déplacements urbains, dans le rapport qu’elle a remis à Tisséo en décembre dernier. Elle regrette « le manque d’ambition du PDU pour impulser un vrai changement des comportements vers les modes actifs et durables. ». Ce point fait d’ailleurs l’objet d’une réserve des commissaires enquêteurs. La commission demande donc que le budget annuel consacré aux pistes cyclables soit porté à 25 millions d’euros par an, dès à présent, et qu’un schéma directeur cycliste et piéton soit présenté sous deux ans pour « le développement d’infrastructures sécurisées et adaptées à ces modes de déplacements ».
Elle ajoute : « Nous considérons que le choix des modes non polluants doit être facilité avec tous les moyens possibles par les collectivités organisatrices des transports. » et demande que les élus du SMTC s’engagent résolument dans « une véritable révolution de la mobilité propre ».
Nous ne saurions mieux dire…