Retour sur le Conseil municipal du 12 octobre 2017

En introduction du Conseil municipal du 12 octobre, Pierre Cohen a souligné l’étroite connivence du maire de Toulouse avec l’actuel gouvernement. « Quand le gouvernement précédent baissait les dotations aux collectivités locales, vous criiez à la mort des services publics. Quand le Président de la République demande 13 milliards d’euros d’efforts supplémentaires, on ne vous entend plus. »

« Une campagne de mi-mandat mensongère et coûteuse »

Il est revenu sur la campagne de mi-mandat mensongère et coûteuse de la droite municipale. « Elle est indécente au regard des efforts demandés aux Toulousains. Il faudra bien un jour que vous nous disiez combien elle coûte », s’est-il notamment interrogé. « Vous refaites l’histoire et vous ne vous intéressez pas à ce que pensent les Toulousains. Nous, nous irons à leur rencontre. »

Les amendes passent de 17 à 30 €

Le premier point inscrit à l’ordre du jour de ce conseil, qui en comptait 150, portait sur la décentralisation des redevances de stationnement, autrement dit les amendes, qui sont désormais de la compétence de la Ville. Elles passent de 17 à 30€. Joël Carreiras plaide pour que les recettes générées soient entièrement consacrées à l’amélioration de la mobilité à Toulouse. « Il aurait fallu, au-delà de cette augmentation, créer une autorité organisatrice qui gère l’ensemble du stationnement à Toulouse et arrêter de déléguer les parkings souterrains au privé. Cette dichotomie public/privé est nuisible à la définition d’une politique raisonnée. »

Les associations en danger

De nombreuses délibérations étaient consacrées à l’attribution de subventions aux associations, des subventions toujours en baisse puisque la majorité municipale a décidé de les diminuer de 25% d’ici 2020. Claude Touchefeu estime que « défendre Toulouse et les Toulousains, comme se targue Jean Luc Moudenc de le faire, c’est agir pour aider les associations. Or, elles sont aujourd’hui très menacées par la diminution des contrats aidés. Quels moyens la Ville met-elle en place pour les aider ? Aucun. Pourtant, nombre d’entre elles ont une véritable mission de service public, comme les crèches, les régies de quartiers, les associations qui œuvrent dans le secteur de la politique de la Ville. »

Pas un mot sur l’urgence climatique

Même constat en matière de développement durable. Malgré des objectifs ambitieux (réduire de 40% les gaz à effet de serre) la Ville ne se donne pas les moyens d’améliorer la qualité de l’air, comme le déplore François Briançon : « Nulle part, dans le rapport sur le développement durable que vous nous présentez, vous n’évoquez l’urgence climatique. Nous ne pouvons pas continuer à compter sur le vent d’Autan pour évacuer la pollution ! Et ce n’est pas, par exemple, en augmentant les tarifs de Tisséo que l’on favorisera l’utilisation des transports en commun ! »

« L’état des écoles était préoccupant en 2008 »

La situation des écoles toulousaines à fait l’objet d’une passe d’arme entre Gisèle Verniol et Jean-Luc Moudenc, ce dernier se targuant de faire de l’éducation une priorité parce qu’il construit de nouvelles écoles. « C’est juste une obligation pour faire face à l’affluence démographique » a fait remarquer Gisèle Verniol. « Et c’est parce que nous avons réhabilité les écoles qui étaient dans un état indigne que vous pouvez aujourd’hui vous consacrer à la construction de nouveaux établissements », a-t-elle ajouté.

Joel Carreiras ne dit pas autre chose en évoquant le fait que Jean-Luc Moudenc fut « le maire des toilettes turques » dans certaines écoles. Lors du débat d’orientation budgétaire, il souligne que c’est parce que ses prédécesseurs ont eu une gestion saine de la Ville que le maire actuel peut aujourd’hui poursuivre les efforts entrepris. Il a pris l’exemple des transports : « Si nous n’avions pas assaini les dépenses de Tisséo, vous ne pourriez pas investir pour mettre en œuvre les projets actuels dont vous revendiquez une fausse paternité ».

L’augmentation des impôts n’était pas nécessaire

« Cessez votre manichéisme infantile, en maîtrisant les dépenses de fonctionnement, vous poursuivez ce qui a été fait entre 2008 et 2014, sans augmentation d’impôts. Mais cessons ce débat du bilan contre bilan. Ce qui intéresse les Toulousains est désormais le vôtre » précisa-t-il.
Et il a profité de ce débat pour répéter que les 230 millions d’euros supplémentaires perçus sur le pouvoir d’achat des Toulousains en raison de l’augmentation des impôts et des tarifs municipaux étaient sans commune mesure avec la baisse des dotations de l’Etat.

La culture toujours en berne

Dans le secteur de la culture, Pierre Cohen a regretté, une fois de plus, qu’il n’y ait plus de projet d’équipement culturel d’importance au Mirail. « Votre seule réponse est un multiplexe à Basso Cambo ! Cela va à l’encontre du pari de la mixité dans ce quartier. » Isabelle Hardy a pour sa part regretté que les activités culturelles de l’espace Croix Baragnon soient désormais dispersées dans la ville. Elle s’est émue du déménagement du service culturel dans des locaux qui devaient servir à l’extension de la cinémathèque, rue du Taur.

« Le dynamisme commercial ne se décrète pas, il s’organise »

Isabelle Hardy s’est également inquiétée de la décision d’autoriser l’ouverture des commerces sept dimanches en 2018. « On ne peut pas prétendre défendre les commerces de proximité et les commerces indépendants et autoriser toujours plus de dimanches d’ouverture. Or le dynamisme commercial repose sur un équilibre fragile. Il ne se décrète pas, il s’organise. »

Dans le même ordre d’idée, François Briançon a interrogé : « quel regard portez-vous sur l’avancée des grandes marques internationales dans le centre-ville, qui vont entrer en concurrence avec les petits commerces ? Quels sont vos moyens d’action ? » … sans pour autant obtenir de réponse.

Un urbanisme d’opportunité, et non de projet

En matière d’urbanisme, le projet en cours sur la place de l’Europe, qui prévoit l’installation d’un campus numérique, des hébergements étudiants, une résidence hôtelière et des espaces de coworking, a soulevé bien des inquiétudes. « Il a été mené sans réelle concertation avec au final le choix d’un compromis avec les promoteurs plutôt qu’avec les riverains » note avec amertume Joël Carreiras. « Une résidence hôtelière y sera construite alors qu’elle n’était pas prévue dans le projet initial. L’école devait représenter un tiers de la surface, elle n’en occupe plus que 19%. Et surtout, le projet empiète de 1/3 sur la place de l’Europe avec une cession d’espace public à 225€/m². Une véritable braderie ! »

L’incompréhension des riverains de l’Oncopole

Dernière passe d’arme de la soirée, après plus de 10 heures de débats : le rattachement du secteur de l’Oncopole au quartier de Saint-Simon Lafourguette, alors qu’il faisait partie de celui de Croix de Pierre. « Les riverains étaient pleinement impliqués dans la vie du quartier 2.2, particulièrement après AZF. C’est faire fi de leur opinion et de l’histoire. D’ailleurs, vous ne les avez même pas consultés » s’est écriée Gisèle Verniol. « Vous privilégiez une logique d’organisation à une logique historique. Vous provoquez l’incompréhension des associations de quartier. » a renchéri François Briançon.

C’est d’ailleurs ce qui ressort d’une séance de Conseil municipal où l’on sent bien que les vraies décisions sont prises ailleurs : les débats de fond entre élus, la concertation de la population, des associations, des partenaires, avant la prise de décision, ne sont décidément pas la marque de fabrique de la droite municipale.