Seconde rocade : un entêtement incompréhensible

 

RocadeElle faisait partie des promesses de campagne du candidat Moudenc, elle était ensuite passée aux oubliettes, mais elle fait depuis quelques temps un retour remarqué. Elle, c’est la seconde rocade, qui fait manifestement toujours partie des projets du maire de Toulouse.

L’idée est donc de créer un contournement autoroutier de Toulouse, destiné au trafic de transit, pour désengorger l’actuelle rocade. Une idée qui relève de l’entêtement pur et simple, et cela pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, où passerait cette seconde rocade ?

Alors que la métropole ne cesse de s’étendre, que l’urbanisation est galopante, on voit mal les maires accepter de procéder à des expropriations massives pour voir passer une autoroute dans leur commune. Sans compter que les habitants des dites communes ne verraient pas d’un très bon œil  les nuisances en terme de bruit et de pollution que provoquerait le transit des camions sous leurs fenêtres. La solution serait alors de faire passer la rocade très loin de Toulouse, dans des zones moins urbanisées, mais cela nuirait largement à son efficacité.

Ensuite, qui paierait ?

Jean-Luc Moudenc affirme qu’elle ne coûterait rien au contribuable, puisqu’elle serait financée par un péage. Sachant qu’une autoroute coûte en moyenne 6,2 millions d’euros le kilomètre (coût pouvant atteindre les 25 millions d’euros le km sur certaines sections), sans compter les expropriations, on voit mal un entrepreneur se lancer dans un projet aussi pharaonique en ayant comme seul financement les ressources futures et hypothétiques du péage. Il suffit de voir l’impasse dans laquelle se trouve l’autoroute Toulouse/Castres depuis des décennies pour prendre la mesure du problème.

Car enfin, qui utiliserait ce contournement ?

Pourquoi les camions en transit emprunteraient une autoroute payante alors qu’ils en ont une gratuite à leur disposition ? Pour faire plaisir à Monsieur Moudenc ? Par ailleurs, la part du trafic de transit dans le trafic total sur le périphérique est trop faible (autour de 10%) pour qu’une seconde rocade ait l’effet de désengorgement souhaité. Sans compter qu’il a fallu trente ans pour boucler la ceinture de Toulouse. Combien de temps faudrait-il pour construire une deuxième boucle ?

Ce projet est donc impossible à réaliser s’il est proche, inefficace s’il est loin, coûteux dans tous les cas et ne pourrait s’inscrire que dans du très long terme, n’apportant aucune réponse efficace et rapide aux embouteillages que vivent chaque jour les Toulousains.

Mais la droite municipale s’obstine, alors même que le projet avait été enterré dès 2008 lors du Grenelle de l’environnement par le ministre de l’époque, Jean-Louis Borloo, parce que son opportunité n’avait pas été démontrée.

Il est donc urgent d’étudier d’autres solutions, plus favorables à l’environnement, pour désengorger la rocade : développement des transports en commun, covoiturage, équilibre des zones d’emplois et d’habitat, contournement point par point, de commune à commune, comme le préconise depuis longtemps le Conseil régional… Les solutions ne manquent pas. Ce qui manque, c’est une véritable volonté politique.