Bilan à mi-mandat : le réquisitoire de Pierre Cohen

Maire de Toulouse de 2008 à 2014, aujourd’hui président du groupe socialiste dans l’opposition municipale, Pierre Cohen n’a pas attendu la date exacte de l’anniversaire de l’élection de Jean-Luc Moudenc, le 30 mars 2014, et même le 4 avril par le conseil municipal, pour dégainer et dresser, hier, à l’occasion du point presse qui précède le conseil municipal d’aujourd’hui, le bilan à mi-mandat de son prédécesseur et successeur. Et pour cause, le prochain conseil municipal ne se tiendra que fin juin. Pierre Cohen a d’ailleurs à nouveau déploré le nombre réduit d’assemblées des élus qui est désormais devenu la règle à Toulouse. Est-ce l’effet de la campagne présidentielle, dans laque l’ancien maire est engagé auprès de Benoît Hamon, ou la promesse de ce bilan? Le rendez-vous avec la presse s’est en tout cas déroulé devant un nombre plus élevé que d’habitude de journalistes, huit face aux cinq conseillers municipaux présents.

Après trois ans de mandat, le bilan, il va sans dire, est jugé «très décevant» par les élus socialistes. Pierre Cohen est revenu sur l’annonce de la hausse des impôts en 2015 : le quinquennat de Jean-Luc Moudenc «s’est constitué sur un très gros mensonge et la remise en cause d’une promesse électorale.» Sur ce sujet, François Briançon avait ciselé sa phrase : «Si le mensonge était une discipline olympique, le maire de Toulouse serait champion. Il a menti aux Toulousains et il savait pertinemment qu’il leur mentait. Jean-Luc Moudenc connaissait parfaitement la réalité budgétaire» des baisses de dotations de l’État.

«Faire payer plus pour offrir moins, tel est le credo du maire de Toulouse», est-il avancé dans un dossier de presse, ciselé lui aussi, qui dresse la liste des dix critiques de l’opposition : le pouvoir d’achat «à la baisse», en raison de la hausse des impôts et tarifs municipaux; «les services publics mis à mal»; «les petits Toulousains pénalisés» par «des recrutements de personnels dans les écoles insuffisantes»; la culture «à l’abandon» à cause de projets abandonnés; une ville condamnée «aux bouchons» avec une 3e ligne de métro «qui ne verra pas le jour avant longtemps»; «la fin de la gratuité pour les seniors et chômeurs» dans les transports; «l’absence de résultat en matière de sécurité»; un «débat démocratique muselé»…

L'ancien maire, ici au soir du second tour d e la primaire de gauche, a dressé un bilan sans concession./Photo DDML’ancien maire, ici au soir du second tour de la primaire de gauche, a dressé un bilan sans concession./Photo DDM

Pour Pierre Cohen, l’actuel locataire du Capitole est handicapé par «une vision très comptable de la gestion de la ville». Sur les chantiers lancés, Pierre Cohen n’est pas convaincu. Il y a ceux «qui étaient dans les tuyaux», ceux de Busquets qu’il considère amendés avec une réduction moins forte de la place de la voiture, un Parc des expos «seul grand projet», dix écoles, effort jugé «normal» et qui «ne fait pas une ambition»… Gisèle Verniol a aussi déploré une «méthode» Moudenc, jugée trop «prometteuse» et qui serait sanctionnée par «la colère» exprimée, lors de réunions de quartier, par les Toulousains.