Retour sur le conseil municipal du 10 mars : faire payer plus pour offrir moins

Twitter-1A l’occasion de ce conseil municipal du 10 mars, Pierre Cohen a, en introduction, souhaité une bonne année à l’assemblée, rappelant ainsi que le conseil ne s’était pas encore réuni en 2017. « Le débat démocratique est muselé à Toulouse », a-t-il martelé. « Dans les quartiers, les habitants ne sont pas écoutés, les réunions publiques sont houleuses ». Il a souligné le bilan très décevant de trois années de droite au Capitole. « Les habitants subissent une triple peine : hausse des impôts, hausse des tarifs et baisse des services publics. » Il a rappelé que la culture était la grande oubliée du mandat et que les Toulousains vivent de plus en plus mal les bouchons dans lesquels ils sont englués quotidiennement.
Voir le bilan de mi-mandat de la droite toulousaine

Transports : toujours plus de bouchons

A ce propos, le « projet mobilité » présenté par la droite a fait l’objet de longs débats. Pierre Cohen a rappelé la situation de blocage dans laquelle il avait trouvé Tisséo en 2008. Il a évoqué le plan de déplacement urbain ambitieux adopté en 2012, qui permettait de couvrir l’ensemble de l’agglomération en transports en commun.
Il a déploré que le nouveau plan proposé se résume à quasiment un seul projet : la troisième ligne de métro, qui, à ce jour, n’est pas financée. « Cette ligne pèse sur les investissements futurs de notre collectivité. Vous faites un pari sur l’avenir qui me semble dangereux : vous n’aurez pas les moyens de financer les nouvelles technologies et les nouveaux usages qui se développeront en matière de déplacements dans les prochaines années. »

bouchon1Romain Cujives a ajouté que les encombrements actuels ne sont plus supportables pour les Toulousains et que la pollution de l’air est une véritable question de santé publique. Il a réclamé un plan d’urgence pour les transports. « Le Plan de Déplacement Urbain présenté pose également un problème de méthode, puisque le conseil syndical de Tisséo a choisi d’arrêter sa première proposition sans attendre les conclusions du débat public organisé sur la troisième ligne de métro. », a-t-il remarqué. « Il soulève par ailleurs de sérieux doutes quant à la capacité de la collectivité à le financer sans nouvelle augmentation massive des impôts. »

Isabelle Hardy, Gisèle Verniol, Vincentella de Comarmond et Pierre Cohen ont voté contre ce projet mobilité.  Claude Touchefeu, Cécile Ramos, Romain Cujives François Briançon et Joël Carreiras se sont abstenus.
Voir la contribution du groupe socialiste au débat public sur la troisième ligne de métro

Culture : la grande oubliée du mandat 

Claude Touchefeu s’est indignée une nouvelle fois du sort fait aux associations. La baisse des subventions continue de se poursuivre, pour atteindre -25% d’ici 2020. Pour Vincentella de Comarmond, « la droite s’acharne avec constance à fragiliser la vitalité du monde culturel toulousain, sans en évaluer les conséquences, y compris en terme d’emplois. »

Le manque d’ambition culturelle de la droite a d’ailleurs été souligné tout au long de ce conseil, délibérations à l’appui.
Isabelle Hardy et François Briançon ont regretté l’abandon du projet culturel de la Cartoucherie, tout en soulignant l’intérêt du nouveau projet.
Vincentella de Comarmond s’est interrogée sur l’avenir du Pavillon Mazar, occupé par le groupe Merci.
La MounèdeL’opposition s’est indignée de l’abandon de la vocation culturelle de la Mounède, puisque le lieu sera voué au tourisme social. « Vous coupez les racines de la Mounède, » a déclaré Claude Touchefeu. « Ce lieu, c’était une manière de partager un langage universel à travers les musiques du monde. Vous abandonnez ainsi une partie de l’identité culturelle toulousaine au nom d’un argument uniquement financier. »

Un argument qui vaut aussi pour l’espace Croix Baragnon, comme l’a rappelé Vincentella de Comarmond : « Ce lieu incontournable de la scène contemporaine va être vendu au plus offrant sans qu’aucune solution de relocalisation des activités culturelles et artistiques n’ait été proposée. Espérons seulement que vous respecterez les volontés de Monsieur Ozenne, qui a légué le bâtiment à la Ville et qui stipulait dans son testament : « La Ville de Toulouse, si elle le vend, emploiera le montant à augmenter le bien-être des pauvres, à améliorer le sort des malheureux, afin que le produit soit consacré à toute œuvre charitable et je confie le choix à la sagesse et à la conscience de ses administrateurs. » »

Malheureusement, en culture comme ailleurs, la droite toulousaine s’inscrit plus souvent dans une logique comptable que dans une logique de projet.

Services publics, services minimums

548-ancelyC’est d’ailleurs le cas pour les services publics de proximité.
Francois Briançon a appelé de ses vœux un grand plan piscine à l’échelle de la métropole. Il a regretté que la droite s’obstine à ne pas réouvrir la piscine Ancely. « C’est un service public de proximité qui mérite d’être préservé », a-t-il insisté.
Cécile Ramos a demandé quant à elle à ce que Toulouse s’engage avec force dans le dispositif sport sur ordonnance créé par l’Etat.

Gisèle Verniol a rappelé qu’en matière d’éducation comme ailleurs, il y a loin des mots aux actes. « Vous ne faites que satisfaire à vos obligations légales en construisant des écoles, mais vous n’avez pas de projet éducatif. La concertation avec les professionnels et les parents est inexistante. »
Elle est revenue sur la réduction de l’amplitude horaire des crèches, qui n’ouvriront plus qu’à 7h30 le matin au lieu de 7h. « Vous avez déjà réduit l’amplitude horaire des accueils de loisirs. Aujourd’hui, c’est au tour des crèches. Votre logique est uniquement comptable. Ce n’est pas une logique de services dus aux Toulousains. »

BrautpaarUne charte des mariages, pour quoi faire ?

Enfin, Isabelle Hardy s’est interrogée sur la charte des mariages, destinée à « cadrer » les cérémonies. Elle s’est étonnée : « Alors que les Toulousains attendent des projets en termes de services publics, d’école, de petite enfance, de culture…c’est cette délibération que vous mettez en exergue lors de votre conférence de presse ! Cette charte constitue en très grande partie un rappel à la réglementation qui existe. Mais pourquoi interdisez-vous désormais aux musiciens d’entrer dans la maison commune ? Si vous autorisez la musique, pourquoi le choix revient-il à la ville ? Y -a-t-il des musiques à exclure ? Le mariage est un acte solennel, important, une union officielle qui doit garder un caractère chaleureux et convivial tout en ne souffrant certes d’aucuns débordements : faites tout simplement appliquer la loi ! »

Il aura fallu 11 heures de débats pour venir à bout des 142 délibérations présentées lors de ce conseil municipal. Et la prochaine réunion n’aura lieu que le 23 juin prochain. Drôle de conception de la démocratie !11heures