Un plan terrasses qui ne satisfait personne

La droite toulousaine a une curieuse conception de la gouvernance locale : elle décide autoritairement et arbitrairement d’abord, concerte ensuite face à la fronde, pour revenir – plus ou moins – sur ses décisions dans un troisième temps. L’adoption du nouveau « plan terrasses » ne fait pas exception. La question aurait pourtant mérité du sérieux et de l’écoute.

DSCF7561La réglementation adoptée au creux de l’été devait entrer en vigueur au 1er janvier. Elle a été retardée. Et pour cause : elle fait l’objet d’un rétropédalage de la part de la droite toulousaine.
Ce plan terrasse reprend dans ses grandes lignes celui que nous avions adopté. Ce sont ses nouveautés qui posent problème aux cafetiers et aux restaurateurs. Il s’agit de réduire la taille des terrasses pour laisser 1,40 mètre de trottoirs afin que les piétons puissent circuler. Jusqu’ici, rien de nouveau, la Ville ne faisant que qu’appliquer la loi. Mais là où les choses se compliquent, c’est que ce minimum légal est assorti d’un minimum de 50% du trottoir laissé à la circulation des piétons. La taille de certaines terrasses s’en trouve considérablement réduite, tout comme le chiffre d’affaires des cafetiers. S’il est parfaitement cohérent d’adapter la taille des terrasses en fonction des usages de l’espace public, et notamment des flux piétons – ce qui était le cas dans l’arrêté précédent – la règle des 50% est inapplicable en l’état.
Face au lever de boucliers des commerçants, les élus tergiversent et font du cas par cas. C’est finalement celui qui crie le plus fort qui gagne. Pas sûr que l’intérêt général en sorte vainqueur.

Autre problème soulevé par ce plan terrasses : la question des platelages. Nous avions autorisé ces terrasses amovibles en bois prises sur les places de stationnement, selon des critères bien précis, d’avril à octobre, afin de concilier tous les usages. Une fois arrivée aux affaires, la droite a donné une autorisation à l’année, pour revenir en arrière aujourd’hui : le maire n’en veut plus, pour pouvoir récupérer des places de stationnement. Les propriétaires récents et les futurs acquéreurs devront les enlever.
Et tant pis pour les commerçants qui se retrouveront en grande difficulté.
Tant pis aussi pour ces petites rues débarrassées d’une partie de leurs voitures aux beaux jours et dont les terrasses animaient le quartier.
A Toulouse, la voiture est reine et le maire préfère des rues polluées à des rues vivantes.
C’est un choix. Ce n’est pas le nôtre.