Culture : où est l’ambition proclamée ?

DSCF7494Le maire de Toulouse essaie de nous faire croire que la culture est une priorité. Mais les faits sont têtus et démontrent qu’elle est la grande oubliée de ce mandat. Projets abandonnés ou réduits, décisions au coup par coup, acteurs culturels ignorés, publics oubliés Tour d’horizon d’un secteur fragilisé par manque d’ambition municipale.

François Delarozière et la Halle qui abritera ses célèbres machines à Montaudran ont eu de la chance : malgré les déclarations proférées par J-L Moudenc pendant sa campagne, ce dernier n’a pas pu arrêter le projet lancé par la précédente municipalité. Il était déjà trop avancé. Les mécaniques savantes de cet artiste connu dans le monde entier arriveront donc bel et bien en terre toulousaine, pour le plus grand bonheur des habitants et le rayonnement de notre métropole.

La Maison de l’image au Mirail n’a malheureusement pas connu la même issue. Le projet, pourtant lui aussi bien avancé, a été abandonné, ce qui aura coûté trois millions d’euros aux contribuables, pour payer les premières études et les indemnités de résiliation. Depuis ? Plus rien. On parle d’aménagements autour du lac de Reynerie. Est-ce là la grande ambition culturelle pour le quartier ? Et que deviendra la place Abbal abandonnée et laissée aux voitures ?

La Cité de la danse sur le site de la Grave ne verra pas non plus le jour, malgré les promesses de campagne du maire. Et aucun projet de substitution n’est avancé. Une dynamique très forte s’était pourtant développée autour de la danse à Toulouse. Elle risque d’être stoppée net.Printemps septembre

Côté grands événements, l’heure est à la réduction de la voilure. Le Printemps de septembre ne se tient plus qu’un an sur deux. Rio Loco a perdu une soirée, ce qui n’a pas empêché ses tarifs d’augmenter. La Novela a quasiment disparu des écrans radars. Et on ne compte plus les festivals qui peinent à boucler leur programmation, faute de subventions suffisantes.

En effet, les subventions aux associations auront baissé de 25% d’ici la fin du mandat. Une baisse qui a des conséquences dramatiques sur l’emploi de techniciens du spectacle et d’artistes, sur le volume des actions culturelles et donc sur l’accès du public le plus large à la culture.

Autre marque de l’abandon d’une véritable politique culturelle : la vente de l’espace culturel de la rue Croix-Baragnon. Ce centre est pourtant un lieu fréquenté par les Toulousains depuis plus de 50 ans. Que deviendront les ateliers qui s’y déroulaient ? Et les salles d’exposition ? Nul ne le sait. Avec la fin de la salle bleue, c’est une nouvelle salle de concert qui disparaît à Toulouse.

La municipalité affirme miser sur le patrimoine pour candidater au label de l’Unesco. Mais là encore, elle ne s’en donne pas les moyens. La rénovation du musée des Augustins, qui avait été étudiée, est passée aux oubliettes. Dernière décision en date : ne pas procéder à des fouilles à Saint-Sernin avant le réaménagement de la place, alors que tout le monde s’accorde sur l’existence d’un potentiel archéologique très riche. Enterrer son passé pour valoriser le patrimoine, il fallait y penser !

Faire payer plus pour offrir moins, tel est le credo de Monsieur Moudenc, en culture comme ailleurs. Pourtant, notre ville regorge de talents et d’acteurs culturels que beaucoup nous envient. Quel gâchis.