Pour l’opposition socialiste, « Moudenc applique déjà la politique de Fillon à la mairie de Toulouse »

Côté Toulouse – Publié le 08/12/2016
Avant le dernier conseil municipal de l’année 2016, prévu vendredi 9 décembre, l’opposition à Jean-Luc Moudenc dénonce une « fillonisation » de la politique du maire.
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Budget, services publics… Pierre Cohen et les membres de l’opposition socialiste dénoncent une « fillonnisation » de la politique municipale menée par Jean-Luc Moudenc (Photo : Côté Toulouse/D. Russeil)

À l’heure d’entrer dans la primaire de la gauche en vue de l’élection présidentielle 2017, et avant le vote des investitures pour les législatives prévu dans la soirée du jeudi 8 décembre, le PS toulousain n’en oublie pas les problématiques locales. Et les sujets de discorde sont nombreux avec la majorité du Capitole menée par Jean-Luc Moudenc, qui préside le dernier conseil municipal de l’année, vendredi 9 décembre 2016, avec plus de 120 délibérations au programme.

Les temps forts de ce quatrième et dernier conseil municipal de l’année seront le vote du budget primitif 2017, l’officialisation de la cession de l’immeuble abritant l’espace Croix-Baragnon, le débat autour du rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion des parkings ou le projet du Capitole de distribuer les excédents de la cuisine centrale aux associations aidant les plus démunis comme La Banque Alimentaire et le Secours Populaire.

« Ce sera le conseil municipal des renoncements »

Un conseil municipal dans lequel Pierre Cohen, le leader PS de l’opposition, voit « beaucoup de renoncements ». « Le premier, c’est la Maison de l’Image à la Reynerie (la délibération prévoit la résiliation du mandat de maîtrise d’ouvrage passé avec l’aménageur de la Métropole, Oppidea, ndlr). Le maire de quartier Franck Biasotto a annoncé que le projet du quartier se ferait en fait autour du lac. C’est du mépris vis-à-vis des habitants de ce quartier », assène-t-il.

Le maire actera également la fin de la Cité de la Danse à La Grave, de l’installation de Mix Art’Myrys à la Cartoucherie et la cession de l’immeuble de Croix-Baragnon, avec, pour conséquence, de ne pas savoir ce que vont devenir les services et les ateliers de cet espace. Nous sommes plutôt favorables à la vente d’un certain nombre de patrimoines mais pour deux finalités : qu’elle joue le rôle de service public ou qu’elle soit l’occasion de construire des logements ou serve à l’accueil de migrants.

Croix-Baragnon, « un abandon culturel »

Pour François Briançon, membre de l’opposition et ancien adjoint au Sport, le sujet Croix-Baragnon est avant tout le symbole de « l’abandon d’un dossier culturel, au même titre que la Maison de l’Image, le Pavillon Mazar, la Dynamo, la baisse des subventions et la baisse de la voilure du Printemps de Septembre et de la Novela ».

Le groupe d’opposition socialiste insiste surtout sur la « fillonisation » de la politique municipale du Capitole. Pour Pierre Cohen et les autres élus, Jean-Luc Moudenc, même s’il s’était abstenu de tout soutien officiel durant la primaire de la droite et du centre, applique déjà le programme de François Fillon, qui prévoit des réductions de postes dans la fonction publique. « Les conditions de travail sont de plus en plus difficiles, avec une mutualisation à outrance. La pression est forte sur les employés restants. Onze millions d’euros de moins sur la masse salariale, ce n’est pas rien ! », critique Pierre Cohen.

« Que Jean-Luc Moudenc assume sa politique ! »

Quand François Briançon dénonce la disparition de « postes de la vie quotidienne comme les gardiens de jardins publics, d’équipements sportifs, avec des clubs souvent en autogestion, les bibliothèques et les pompes funèbres », Romain Cujives pointe du doigt « un double discours ».

D’un côté, Jean-Luc Moudenc s’adresse à Fillon en dénonçant la baisse du nombre de fonctionnaires, mais de l’autre, il s’inscrit dans sa filiation en responsabilité. Il met déjà en oeuvre ce programme de réduction drastique. Qu’il assume sa politique !

L’avenir des services publics et la gestion des personnels en interne feront l’objet d’une mobilisation des agents municipaux, vendredi 9 décembre, avant le conseil municipal.

Les élus débattront également du budget primitif 2017. Un budget dans lequel Pierre Cohen dénonce « une hausse des investissements, certes, mais au détriment du service public et du respect des habitants. Il y a une manipulation entre l’annonce de ce qui se fera et ce que dira le compte administratif en fin d’année ».

Pourquoi Jean-Luc Moudenc a-t-il augmenté les impôts ? On n’a aucune réponse aujourd’hui. Le prélèvement des Toulousains est trois fois plus important que la baisse des dotations du gouvernement, argumente François Briançon.

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d’édition à Côté Toulouse