Augmentation des tarifs de Tisséo : encore une promesse de campagne reniée

Il l’avait promis pendant la campagne en 2014 : il ne toucherait pas aux impôts. Les Toulousains ne sont pas prêts de digérer la hausse de 15% de la taxe d’habitation et de la taxe foncière décidée par Jean-Luc Moudenc en 2015. Il l’avait également promis : il ne reviendrait pas sur la gratuité des transports Tisséo pour les personnes âgées et sur le tarif jeunes à 10€ par mois. Le maire de Toulouse a trahi une nouvelle fois ses engagements de campagne en annonçant début septembre qu’il y mettait fin, au nom de la « justice sociale ». Faire passer une augmentation pour une mesure de justice, il fallait l’oser ! Il fallait aussi oser faire croire que cette décision lui était imposée par la chambre régionale des comptes, quand chacun sait que ladite chambre ne rend que des avis consultatifs. Qu’on ne s’y trompe pas : il s’agit bien d’un choix politique de Jean-Luc Moudenc et de son équipe.

Le « tarif jeunes » avait été mphoto-001is en place en 2009 par la gauche. Il permettait aux moins de 26 ans d’utiliser de façon illimitée le réseau bus-tram-métro de Tisséo pour 10 euros par mois. Cette mesure a contribué à faire de Toulouse une des villes les plus attractives de France pour les étudiants. Elle favorisait l’utilisation des transports en commun, sans grever le pouvoir d’achat des jeunes, dont certains vivent dans la précarité. Cette tarification était octroyée au regard de leur âge, et non de la situation de leurs parents comme semble le souhaiter Jean-Luc Moudenc. En effet, de nombreux étudiants ne sont pas aidés par leurs parents et sont en recherche d’autonomie.

Les élus socialistes et radicaux de la Ville sont opposés à cette décision, tout comme ils sont contre la suppression de la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Cette mesure avait été mise en place en 1972 par le maire de l’époque, Pierre Baudis. Décider de la supprimer, c’est méconnaitre ce que vit cette génération aujourd’hui. Les seniors autour de 65 ans sont appelés à aider à la fois leurs parents qui basculent dans la dépendance et leurs enfants et petits-enfants touchés par la crise. Pour les plus âgés, le transport est un enjeu majeur pour conserver leur autonomie et pouvoir vivre chez eux.

Aujourd’hui, dans la plupart des villes françaises, on favorise l’utilisation des transports en commun pour éviter les bouchons et la pollution. Sauf à Toulouse. N’en déplaise à Monsieur Moudenc, on n’a, en effet, jamais vu une augmentation des tarifs ou une fin de la gratuité se traduire par une incitation à prendre les transports en commun ! Ces décisions, qui favorisent le « tout voiture « , sont un très mauvais signal envoyé en matière de développement durable. Elles sont un nouveau coup dur pour le portefeuille des Toulousains.