3ème ligne de métro : un financement loin d’être bouclé

Le maire de Toulouse a présenté en juillet dernier son plan de financement des transports en commun, et particulièrement de la troisième ligne de métro. Ce plan s’appuie sur de nombreuses approximations, quelques mensonges et une certaine mauvaise foi. De plus en plus de voix s’élèvent pour demander des comptes.

Le plan de financement présenté par la droite toulousaine prévoit un investissement de 3,8 milliards d’euros pour les transports en commun. Hormis l’aérotram, le doublement des rames du métro et le déploiement des lignes Linéo, engagés par la précédente municipalité, un seul projet est prévu pour les 25 prochaines années : la troisième ligne de métro. Vu le coût d’un métro, aucun autre projet ne pourra voir le jour avant un quart de siècle… Or la population de l’aire urbaine augmente, et pas seulement sur le tracé du futur métro. Les besoins de mobilité progressent, les habitudes changent, les technologies dans le domaine des transports évoluent. Mais la hauteur de l’investissement programmé ne laissera aucune marge de manœuvre pour s’adapter aux nouveaux besoins et aux nouvelles offres de transport qui ne manqueront pas de naître dans les prochaines années.

Un endettement qui ne laissera aucune marge de manœuvre

DSC00368Sur les 3,8 milliards prévus dans le plan, 1 milliard d’euros seraient financés par des partenaires qui, soit n’ont pas confirmé leur engagement, soit l’ont conditionné à un développement équilibré des transports en commun sur l’ensemble de l’aire urbaine. Ce qui reste encore à prouver, Monsieur Moudenc n’ayant donné aucune assurance à ce sujet. Certains se sont étranglés en apprenant le jour de la présentation à la presse le montant qui leur était demandé. D’autres, à savoir les villes de Colomiers et de Blagnac, ont découvert qu’elles étaient censées mettre la main à la poche, alors qu’on ne demande rien à la ville de Toulouse … Deux poids, deux mesures ?
En tout état de cause, il manque encore à ce jour 800 à 900 millions d’euros pour boucler le projet.

Les 2,8 milliards restants seraient financés par Tisséo-SMTC, moyennant une augmentation de la contribution de la métropole de 100 à 165, puis 180 millions d’euros par an et le recours à l’emprunt. Un emprunt de 1,8 milliards sur 25 ans, qui va s’ajouter à la dette actuelle de Tisséo-SMTC. La dette de Tisséo passera ainsi à 2,8 milliards. Autant dire qu’il est inutile de songer à un nouvel investissement durant cette période !

Un débat nécessaire

Un large débat public, organisé par la Commission nationale du débat public, s’est ouvert le 12 septembre dernier. Il durera jusqu’au 17 décembre. Ce débat est indispensable. La présence de plus de 500 personnes à la première réunion publique le 13 septembre témoigne de l’envie particulièrement vive d’échanger autour de ce projet. 70 rencontres publiques seront proposées aux habitants de la métropole durant ces trois mois. Gageons qu’elles permettront de répondre à des interrogations essentielles : le métro va-t-il régler à lui tout seul le problème d’asphyxie de notre métropole ? Est-on certain que les « airbusiens » vont utiliser le métro ? Offrirait-il de bonnes connexions avec le réseau de transports déjà existant ? Quels seraient ses impacts sur l’environnement ? Son tracé, tel qu’il est envisagé aujourd’hui, est-il le plus adapté ? Ce projet ne risque-t-il pas de se faire au détriment du maillage de l’agglomération ? Existe-t-il des solutions alternatives ? Et est-il prioritaire au regard des contraintes financières ?
Réponses en décembre.
En attendant, n’hésitez-pas à contribuer à ce débat public.
Pour connaître les différentes initiatives, cliquez ici.