Ancely : les habitants ne désarment pas

Il règne comme un petit air de fronde dans certains quartiers de Toulouse, qui se sentent délaissés par la majorité de droite du Capitole. Chaque mois, nous prenons le pouls d’un quartier et de ses habitants. Ce mois-ci : Ancely.

548-ancelyPiscine fermée, pas de maison de quartier pendant les vacances, regroupement d’adolescents désœuvrés, incivilités, jeunes adultes se livrant à des trafics en tous genres… Le quartier Ancely, d’habitude plutôt paisible, a vécu un été difficile. A tel point que deux associations de quartier, ADEQVAAR (association pour la défense de l’environnement et de la qualité de vie à Ancely Arènes romaines) et REVA-CSF (rester vivre à Ancely), se sont fendues d’un courrier au maire de Toulouse début septembre. Elles y dénoncent l’insécurité, la violence des agressions autour du centre commercial et demandent à ce que toutes les parties concernées se mettent autour de la table (polices nationale et municipale, associations de quartier, bailleurs, commerçants, habitants…) pour faire un état des lieux de la situation et coordonner des actions.
Ce que souhaitent les habitants ? Pas forcément plus de rondes policières, le quartier étant un vrai labyrinthe où il est facile de se cacher, mais davantage de services publics, davantage de dialogue, un soutien plus actif de la municipalité.

La décision de Jean-Luc Moudenc de fermer définitivement la piscine pour cause de travaux trop onéreux a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Dès lors, les habitants se sont battus et n’ont toujours pas dit leur dernier mot. Une association, « les amis de la piscine Ancely », s’est créée. On les a vus en palmes et bonnet de bain manifester sous les fenêtres du Capitole. On les a retrouvés tous les jeudis soir cet été pour un pique-nique devant les marches de la piscine. Une pétition a été signée, des courriers ont été envoyés, des propositions ont été faites pour réduire les coûts d’exploitation. La mairie reste sourde et muette. Elle refuse de se rendre à l’argument selon lequel un équipement public n’a pas vocation à être rentable, mais à créer du lien social dans un quartier où tout le monde ne part pas en vacances.

Ancely connaît une forte explosion démographique. Il y a quatre ans, l’équipe de Pierre Cohen y avait mis en place une cellule de veille afin de travailler avec tous les acteurs pour empêcher la situation de se dégrader. Le mot d’ordre était d’y maintenir les services publics.
Le quartier restait fragile. Si l’actuelle municipalité n’agit pas rapidement, il risque de basculer. Et ça, les habitants ne le veulent en aucun cas. Ils comptent bien reprendre possession de leur quartier. Mais se sentent pour l’instant bien seuls.

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