Pour l’opposition socialiste, il faut «annuler la hausse des impôts»

Pierre Cohen, chef de file des élus socialistes toulousains./ Photo DDM

La hausse de 15 % des impôts décidée en avril 2015 par Jean-Luc Moudenc est-elle trop forte ? Oui, martèlent les uns après les autres, en vue du conseil municipal de lundi, les groupes de l’opposition municipale, Verts, communistes, puis socialistes enfin, hier, lors d’un point presse. Tous l’avaient déjà dit. Ce qui est nouveau, ce sont les chiffres. Ceux du compte administratif 2015 qui sera présenté lundi, c’est-à-dire les comptes de la ville après la première année de hausse de la fiscalité. Ces chiffres montrent que les impôts ont rapporté un peu plus que prévu : 37 M€ au lieu des 30 supplémentaires attendus. Et que l’épargne nette a bondi à 68 M€, soit 35 M€ au-dessus de ce qui était anticipé, grâce surtout à un sérieux tour de vis sur la gestion des services.

Pierre Cohen, chef de file des élus socialistes toulousains./ Photo DDM

Ce matin, lors d’une présentation de ces comptes à la presse, le maire de Toulouse devrait affirmer que l’intégralité de cette épargne sera affectée aux investissements, maintenus à un haut niveau, à commencer par ceux concernant l’école.

Hier, Pierre Cohen et Joël Carreiras, son ancien adjoint aux finances, ont fait une tout autre lecture de ces résultats. Ils y voient la preuve d’un effort excessif demandé aux Toulousains. Pierre Cohen stigmatise «une hausse de la fiscalité démesurée» et «une épargne qui augmente trois fois plus vite que la baisse des dotations.»

Joël Carreiras combat la méthode. En finançant les investissements essentiellement par l’épargne, la municipalité fait le choix «d’une ponction sur le pouvoir d’achat» des habitants quand un recours à l’emprunt, selon lui, serait plus judicieux. «C’est le choix qu’ont fait les grandes villes aujourd’hui. Il y a trop d’épargne», affirme Joël Carreiras qui veut donc poser une question, celle de «l’annulation de la hausse de 15 %».

Pourquoi un tel recours à l’épargne ? Par atavisme, analyse l’opposition. «C’est le retour du dogme d’avant 2008 !», pointe Pierre Cohen qui s’attend ensuite à une redistribution «généreuse» lors de la dernière année du mandat.

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