Prolongement de la ligne B du métro : une curieuse conception de l’intérêt général

Jean-Luc Moudenc ne s’est pas rendu à la « réunion de la dernière chance » organisée par le président du Conseil départemental pour essayer de sauver le prolongement de la ligne B du métro jusqu’à Labège. Pour un maire qui se prétend rassembleur, cette attitude qui témoigne d’un profond mépris pour les habitants de la métropole et d’une vision étriquée et sans ambition de la mobilité dans l’aire urbaine.

La décision de prolonger la ligne B du métro avait en son temps fait l’objet de larges débats entre la Métropole et le Sicoval. La situation budgétaire laissée par Jean-Luc Moudenc était telle que Tisséo ne pouvait financer entièrement le prolongement de la ligne B sans remettre en cause l’offre de transport équitable sur l’ensemble du territoire pour laquelle nous nous étions engagés. Une participation financière du Sicoval était donc nécessaire. Au final, un accord avait été trouvé : le tour de table était bouclé, le projet financé, les études finalisées, la commission d’enquête publique avait donné un avis favorable. Le prolongement de la ligne B du métro semblait sur les rails.

Et pourtant, il ne se fera pas. Ainsi en a décidé le maire de Toulouse, qui l’a sacrifié au profit d’une troisième ligne de métro toulouso-toulousaine qui ne verra pas le jour avant au moins 15 ans et qui, dans cette période de restriction budgétaire, mobilisera l’intégralité des investissements en faveur des transports en commun.

Après l’abandon du tramway et des bus à haut niveau de service, la mort annoncée du prolongement de la ligne B du métro signe aussi la fin du plan de déplacement urbain (PDU) que nous avions élaboré en concertation avec l’ensemble des collectivités de l’aire urbaine. Ce PDU ambitieux s’appuyait sur un réseau rapide et performant de transports en commun (métro, tram et bus à haut niveau de service) complété par un maillage plus fin du territoire en bus Linéo et bien sûr par un réseau de pistes cyclables et de modes doux.
Voté à l’unanimité, il répondait à l’urgence des besoins de mobilité de notre métropole. Il s’inscrivait aussi dans le long terme, en prenant en compte l’expansion rapide de l’aire urbaine.

En s’arcboutant sur sa 3ème ligne de métro et sur elle seule, Jean-Luc Moudenc s’apprête donc à sacrifier tous les autres modes de transport qui devaient desservir les quartiers et les villes de la métropole.

Les embouteillages qui paralysent l’ensemble de l’agglomération ne sont pas prêts de se résorber. Les automobilistes bloqués chaque matin et chaque soir dans les bouchons auront tout le temps de méditer sur leur infortune et de réfléchir à l’obsession d’un maire pour sa 3ème ligne de métro… Une obsession qui le conduit à ignorer les besoins urgents de mobilité sur l’ensemble du territoire métropolitain.

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