Bruno Sire : «Sur le Quai des Savoirs, les universités ont été spoliées»

La Dépêche du Midi – 07/04/2016

C’est en 2008, dans le cadre du Plan Campus, qu’est né le projet du Quai des Savoirs. Huit ans et un changement de majorité municipale plus tard, les universités découvrent qu’elles ont été spoliées de ce lieu qui leur était destiné.

Nous sommes en 2008 lorsque le gouvernement Fillon lance le Plan Campus, une opération de grande ampleur en faveur de l’immobilier et de l’ambition universitaires sur laquelle est fléché un budget de 5 milliards d’euros. Quarante-six dossiers de candidature venus de toute la France seront adressés au ministère de l’Éducation qui ne retiendra en définitive que les douze meilleurs, dont celui de Toulouse.

Une très bonne affaire pour l’enseignement supérieur de la Ville rose, dont l’éligibilité au Plan Campus se traduit par l’attribution d’une enveloppe de 350 millions d’euros. Et ce n’est pas tout : pour accompagner l’effort de l’État, conseil régional, conseil départemental et Métropole de Toulouse apporteront chacun 30 millions supplémentaires pour financer le vaste programme de rénovation des campus de Rangueil, du Mirail, de Toulouse Capitole, de Paul-Sabatier ou encore de l’ISAE.

Un lieu de transfert du savoir vers le grand public

Pierre Cohen, le maire socialiste d’alors, a une idée assez précise de la forme que doit revêtir l’aide de sa collectivité aux universités. Propriété de la ville, les locaux de l’ancienne faculté de médecine situés sur les allées Jules-Guesde seront totalement restaurés pour devenir un lieu de transfert des connaissances universitaires vers le grand public. Le Quai des Savoirs était né, recevant immédiatement l’onction de la communauté éducative.

«Sur le fond comme sur la forme, il s’agissait d’une réponse pertinente aux besoins de l’enseignement supérieur», se souvient Bruno Sire, président de l’université Toulouse-Capitole.

C’est en 2008, dans le cadre du Plan Campus, qu’est né le projet du Quai des Savoirs. Huit ans et un changement de majorité municipale plus tard, les universités découvrent qu’elles ont été spoliées de ce lieu qui leur était destiné.

Nous sommes en 2008 lorsque le gouvernement Fillon lance le Plan Campus, une opération de grande ampleur en faveur de l’immobilier et de l’ambition universitaires sur laquelle est fléché un budget de 5 milliards d’euros. Quarante-six dossiers de candidature venus de toute la France seront adressés au ministère de l’Éducation qui ne retiendra en définitive que les douze meilleurs, dont celui de Toulouse.

Une très bonne affaire pour l’enseignement supérieur de la Ville rose, dont l’éligibilité au Plan Campus se traduit par l’attribution d’une enveloppe de 350 millions d’euros. Et ce n’est pas tout : pour accompagner l’effort de l’État, conseil régional, conseil départemental et Métropole de Toulouse apporteront chacun 30 millions supplémentaires pour financer le vaste programme de rénovation des campus de Rangueil, du Mirail, de Toulouse Capitole, de Paul-Sabatier ou encore de l’ISAE.
Un lieu de transfert du savoir vers le grand public

Pierre Cohen, le maire socialiste d’alors, a une idée assez précise de la forme que doit revêtir l’aide de sa collectivité aux universités. Propriété de la ville, les locaux de l’ancienne faculté de médecine situés sur les allées Jules-Guesde seront totalement restaurés pour devenir un lieu de transfert des connaissances universitaires vers le grand public. Le Quai des Savoirs était né, recevant immédiatement l’onction de la communauté éducative.

Les universités dépossédées de la gestion du lieu

Car lui, comme les autres patrons de facultés toulousaines, ne compte plus le nombre de colloques, de conférences, de débats qu’il a dû refuser, faute d’amphis disponibles. «Ce nouvel espace allait replacer Toulouse au centre de la carte nationale, et parfois européenne, de la diffusion de la connaissance universitaire. En toute logique, la structure fédérale des facultés toulousaines s’est mise en ordre de marche pour gérer l’amphithéâtre du Quai des Savoirs dès qu’il serait livré», indique Bruno Sire.

Mais en 2014, les électeurs toulousains font le choix de l’alternance. En dépit de ce changement politique, le chantier de la réhabilitation de l’ancienne fac de médecine suit son cours, et rien ne laisse présager alors de ce qui va se produire. «C’était il y a deux mois environ, peu avant l’inauguration du site. Francis Grass, le nouvel adjoint à la culture, a convoqué la communauté universitairepour lui présenter son projet pour le Quai des Savoirs. Sans aucune concertation préalable, nous avons découvert que nous étions dépossédés de la gestion du lieu, passée sous compétence municipale, et que par surcroît, les universités de Toulouse devenaient quantité négligeable s’agissant de l’utilisation du site, livré de préférence à des associations», raconte Bruno Sire.

Sacrifié sur l’autel des règlements de comptes politiques, le projet de réconcilier la science et la connaissance universitaire avec le grand public est rayé d’un trait de plume.

«C’est décevant», soupire M. Sire. Injuste aussi. Le patron de l’université Toulouse Capitole n’a pas oublié, en effet, que la transformation de l’ancienne faculté de médecine en Quai des Savoirs était la contribution de la Métropole et de la ville au Plan Campus de 2008. «En fin de compte, on nous a repris de la main droite ce que l’on nous avait donné de la main gauche. Les universités de Toulouse ont été spoliées».


Le chiffre : 30

millions> Quai des savoirs. C’est la somme mobilisée en 2008 par Pierre Cohen et la Métropole de Toulouse pour financer la réhabilitation de l’ancienne faculté de médecine au titre de sa contribution au Plan Campus.