Hausse des impôts à Toulouse : réaction de Joël Carreiras

Jean-Luc Moudenc devait-il augmenter les impôts dans de telles proportions ?

Non. Les dotations de l’Etat ont certes baissé de 12 millions d’euros mais le produit de l’impôt après augmentation sera de 30 millions. Si Jean-Luc Moudenc avait dû répercuter strictement la baisse des dotations, il n’aurait dû augmenter les impôts que 4 ou 5 %. De même à la métropole : il avait décidé une hausse de 15 % et après discussion, il fait voter une hausse de deux fois 7,5 %. C’est d’autant plus surprenant que le 6 mars dernier, quelques semaines avant de voter la hausse de la fiscalité, M. Moudenc prenait l’engagement de ne pas augmenter les impôts. Tout cela est bien troublant.

Alors pourquoi augmenter de 15 % ?

Parce que la philosophie du maire de Toulouse est de sortir le financement par l’emprunt, ce que ne fait plus aucune ville. Pour M. Moudenc, un budget équilibré ne doit pas avoir recours à l’emprunt. Par ailleurs, il augmente dans le même temps les tarifs des services publics. Pour les Toulousains, c’est la double peine. Cette politique traduit une volonté de reconstituer un matelas. Mais pour quoi faire ? Le redistribuer à six mois des prochaines élections ?

Si vous étiez resté au pouvoir, auriez-vous augmenté les impôts ?

Oui, certainement. Mais pas dans ces proportions ! Il faut trouver un équilibre, surtout en matière fiscale. On peut montrer que l’on s’oppose aux politiques d’austérité autrement qu’en s’attaquant au pouvoir d’achat des Toulousains.

Jean-Luc Moudenc dit-il toute la vérité sur l’état des finances de la métropole ?

J’ai posé une question lors du dernier conseil communautaire à la lecture du compte administratif. Celui-ci fait apparaître un réajustement de l’ordre de 15 millions d’euros de recettes non prévues. Or cette information, la majorité l’avait deux mois avant le vote des taux mais l’a cachée.

La hausse ne serait donc pas la taxe Cohen ?

C’est l’impôt Moudenc et seulement l’impôt Moudenc ! Il est «Monsieur 15 %» jusqu’en 2020. D’autant plus que la répartition de l’effort n’est pas équitable au final. Le contribuable va payer beaucoup plus par un effet cumulatif. La recette générée par la hausse d’impôt représente 30 millions d’euros cette année, puis 35 millions l’année prochaine, 41 millions l’année suivante jusqu’à 71 millions en 2020 !

La Dépêche du Midi – Sébastien Marti – 22 septembre 2015